Pourquoi les enfants précoces sont nombreux à avoir des difficultés en écriture ?

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Les enfants précoces sont nombreux à avoir des difficultés graphiques. Beaucoup d’entre eux sont lents, ont une écriture qui paraît peu soignée, et certains éprouvent même des douleurs. Il peut paraître paradoxal que ces enfants doués, pour lesquels les notions complexes semblent faciles à intégrer et se retrouvent en difficulté dans un domaine où des enfants sans qualités particulières excellent.

Or, il n’y a pas de paradoxe à cela. Ces difficultés résultent exactement de leurs grandes capacités, et font partie intrinsèque de leur fonctionnement psychologique.

Ainsi, tous les exercices qui mettent l’écriture au centre en tant que finalité peuvent les rebuter, car pour eux, l’écriture est seulement un moyen. Les enfants précoces ont soif de découverte, leur intelligence fine a besoin d’être nourrie. Or, l’apprentissage à l’école de l’écriture se fonde essentiellement sur la répétition (faire des lignes notamment). Cette pédagogie est souvent contre-productive pour eux car ils ont un besoin impératif que l’esprit soit sollicité, tandis que les « lignes », ont tendance à être un exercice machinal dans lequel l’esprit tient peu de place. Faire à chaque instant des choses nouvelles est leur leitmotiv, et dès lors l’apprentissage de l’écriture devient une tâche pénible car répétitive.

C’est souvent à cette époque de la scolarité que la précocité est remarquée : insatisfait dans son besoin de découverte, l’enfant va les chercher lui-même et tend à se disperser en classe voire à perturber le cours dans ce même objectif.

Ensuite, à mesure que le temps passe, il considère très souvent l’écriture comme une contrainte du fait que son geste ne soit pas aussi rapide que sa pensée. Cette dichotomie entre le rythme de sa pensée et celui de sa main est source de grandes frustrations qu’accompagne un sentiment d’échec : ne pas réussir à faire coïncider les deux, ce qui est par ailleurs impossible.

Enfin, souvent l’acte écrit est source de dévalorisation. Ils se sentent en échec du fait de leur écriture, ne comprennent pas pourquoi ils ne parviennent pas à écrire correctement. De plus, leurs camarades réussissent mieux en la matière et renvoient une meilleure image d’eux-mêmes. Ainsi, pour les enfants précoces, l’écriture peut être source de moqueries, de stigmatisation ou voire de punitions (copier X fois, …). Cela est grandement préjudiciable à leur évolution scolaire mais aussi psychologique,  pour des enfants qui peuvent déjà avoir du mal à vivre leur différence comme une chance, et l’appréhendent parfois comme une souffrance ou une difficulté.

Au final, les difficultés des enfants précoces proviennent essentiellement du fait qu’ils n’ont pas abordé tous les stades calligraphiques pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, phénomène parfois renforcé par des sauts de classes en maternelle ou en primaire.

Au cours de la scolarité, l’écriture peut apparaître  comme un ennemi, un obstacle au bon déroulement de l’apprentissage. Il est alors possible de solutionner cette difficulté grâce à la graphothérapie.

 

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